Mise à jour le 27/06/2016, par Damien - Service Com’ ANDAR

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La pharmacovigilance dans tous ses états

Ce matin, je me réveille avec un mal de tête et je prends un médicament pour soulager la douleur. Mais des douleurs abdominales se manifestent peu après l’avoir pris… Il peut s’agir d’un effet indésirable lié au médicament.

La pharmacovigilance est le mécanisme de surveillance et de prévention des effets indésirables liés à la prise d’un ou plusieurs médicaments, et ceci même si le lien de causalité entre l’effet indésirable et le médicament n’est pas certain. C’est ce système de surveillance des médicaments qui peut amener les autorités sanitaires à suspendre ou retirer l’autorisation de mise sur le marché d’un médicament, jugé trop dangereux par apport aux bénéfices qu’on en attend. Depuis une dizaine d’années, certains retraits de médicaments ont ainsi été très médiatisés (Staltor, Vioxx, Médiator, Diane 35), mettant en évidence un trop long délai avant d’identifier les risques des médicaments dans leur utilisation réelle. L’efficacité du système montre ses limites, c’est pourquoi il semble de plus en plus essentiel que tous les acteurs du système de soins se mobilisent, y compris les patients, pour faire connaître au plus tôt les effets indésirables des médicaments sur le marché.

De la déclaration d’effets indésirables… à l’avenir du médicament sur le marché.

• Qui peut faire une déclaration d’effet(s) indésirable(s) ?

Les professionnels de santé
Les professionnels de santé assurent le suivi des patients, c’est la raison pour laquelle ils sont le premier maillon de la chaine du système de surveillance des médicaments (bénéfices et effets indésirables). Ainsi, les professionnels de santé sont à l’origine de la majeure partie des signalements de pharmacovigilance, bien que l’on déplore une sous-notification conséquente des effets indésirables. On a tous le sentiment que certains scandales sanitaires auraient pu être évités si tout le monde avait pris conscience plus tôt de certains dangers…
En pratique, les professionnels de santé envoient les déclarations d’effet(s) indésirable(s) aux centres régionaux de pharmacovigilance (CRPV) dont ils dépendent géographiquement.

Les médecins généralistes et spécialistes, les pharmaciens, les chirurgiens-dentistes et les sages-femmes sont dans l’obligation de faire une déclaration lors de la survenue d’effet(s) indésirable(s) susceptible(s) d’être liés à la prise d’un médicament, y compris dans le cas où l’effet indésirable serait déjà connu et même si le médicament n’a pas été pris dans les conditions prévues par son autorisation de mise sur le marché. Tout autre professionnel de santé peut également déclarer un effet indésirable. Mais obligation ne rime pas (hélas) avec exhaustivité. Il faut dire aussi que la déclaration d’effet indésirable prend du temps et qu’aujourd’hui, les professionnels de santé ont déjà du mal à trouver le temps pour mener à bien leurs missions de soins.

Les patients & les associations de patients
Les patients et les associations de patients agréées ont également, depuis 2011, la possibilité de déclarer les effets indésirables liés à la prise d’un médicament aux Centres Régionaux de Pharmacovigilance (CRPV) dont ils dépendent géographiquement. Ils ne sont plus obligés de passer systématiquement par un professionnel de santé. Il est toutefois recommandé de se rapprocher d’un médecin ou d’un pharmacien pour la confirmation de l’effet indésirable et des précautions à adopter. Les patients qui étaient jusqu’à présent à la fois victimes et simples spectateurs, sont désormais invités à faire partie des acteurs du système de pharmacovigilance.

L’ouverture du système de pharmacovigilance aux patients est le résultat de plusieurs années d’expérimentations menées par l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des autres produits de santé, auparavant dénommée Afssaps) en partenariat avec des associations de patients.. A la suite de ces expérimentations, il a été constaté que les déclarations remplies par les patients étaient suffisamment complètes pour obtenir un signalement de qualité. C’est pourquoi le système a pu être officiellement mis en place. Cependant, il est toujours préférable de parler avec votre médecin de vos effets indésirables : parfois l’effet indésirable peut nécessiter un traitement. Par ailleurs, votre médecin pourra choisir de modifier votre traitement (médicament alternatif, ajustement de dose, prévention de l’effet indésirable).

Vous trouverez à la suite de cet article un exemplaire de la fiche de signalement d’effet(s) indésirable(s) lié(s) à la prise de médicament(s) ainsi que le guide de remplissage. Ce formulaire est téléchargeable sur le site Internet de l’ANSM. L’ANDAR se tient à votre disposition pour tout complément d’information concernant la démarche de déclaration des effets indésirables liés aux médicaments.

Les entreprises pharmaceutiques
Les entreprises pharmaceutiques sont également dans l’obligation de déclarer sans délai tout effet indésirable grave lié à un médicament qu’elles commercialisent, directement auprès de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM). De plus, elles doivent soumettre des rapports réguliers présentant l’ensemble des informations recueillies dans le monde sur la sécurité d’emploi du médicament.

• A qui déclare t-on les effets indésirables ?

Les centres régionaux de pharmacovigilance (CRPV)
Les 31 Centres Régionaux de Pharmacovigilance (CRPV) sont au cœur du système de pharmacovigilance. Les CRPV reçoivent et enregistrent les différents signalements provenant des professionnels de santé, des associations de patients et des malades. Ils sont chargés de la validation des données transmises par les professionnels de santé et font remonter les informations à l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM).

Figure 1 : Effet indésirable, que dois-je faire ?

• Qui prend les décisions sur l’avenir des médicaments ?

L’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM)
L’ANSM est l’autorité régissant le système de pharmacovigilance en France. Cet établissement public, placé sous tutelle du ministère en charge de la santé, veille à l’évaluation et à la prévention des effets indésirables liés aux médicaments.
La direction générale de l’ANSM est l’instance compétente et décisionnaire lorsque l’autorisation de mise sur le marché d’un médicament n’a été accordée qu’en France au sein de l’Union Européenne. Elle a le pouvoir de prendre des mesures afin de cesser les incidents et accidents liés à la prise de médicaments, pouvant aller de la restriction de la population cible du médicament jusqu’au retrait d’autorisation de mise sur le marché. Elle a également le pouvoir de suspendre temporairement l’autorisation dans le cadre d’une mise sur le marché européenne.
L’ANSM s’appuie sur des commissions consultatives (notamment la Commission de suivi du rapport bénéfice-risque des produits de santé), des comités techniques (Comité technique de pharmacovigilance) s’appuyant sur des réseaux de terrain et sur ses groupes de travail composés d’experts spécialisés et pluridisciplinaires, afin de fournir des réponses aux interrogations soulevées par l’évaluation préalable des dossiers réalisée en interne.
Ces instances sont créées pour une durée de 6 ans et leurs membres sont nommés par le directeur général de l’ANSM pour une durée de 3 ans, renouvelable une fois. Leurs différents travaux sont rendus publics sur le site de l’ANSM. 
L’ANSM a été un peu malmenée ces derniers temps notamment autour du « scandale » Mediator avec le fait que des experts siégeant aux différentes commissions d’évaluation d’un médicament pouvaient parfois bénéficier de contrats avec l’industrie du médicament et qui seraient, de fait, en situation de « conflits d’intérêt ». En 2013, de nouvelles précautions sont prises pour que les experts de l’ANSM soit le plus indépendants possibles de l’industrie.

L’Agence Européenne du Médicament
Au niveau européen, l’instance qui recommande l’octroi, le maintien ou le retrait d’une autorisation de mise sur le marché d’un médicament est l’Agence Européenne du Médicament. La décision est ensuite prise par la Commission Européenne. L’Agence Européenne du médicament a mis en place, en juillet 2012, un nouveau comité européen : « le comité pour l’évaluation des risques en matière de pharmacovigilance (PRAC) » qui se réunit une fois par mois pour renforcer la surveillance des médicaments mis sur le marché européen. Ce comité est composé d’un expert en pharmacovigilance par pays, d’experts nommés par la Commission Européenne, mais aussi de représentants de professionnels de santé et de malades.

Un système qui a montré ses limites

Le système de pharmacovigilance français a montré ses limites ces dernières années avec l’affaire Médiator et plus récemment dans l’affaire Diane 35, et ce, malgré l’adoption d’une nouvelle loi en Décembre 2011.

• Des affaires qui se suivent et se ressemblent

C’est en 2009 qu’éclatait le scandale sanitaire du Médiator, cet antidiabétique des laboratoires Servier qui est soupçonné d’avoir provoqué 500 à 2000 décès en France suite à des atteintes des valves cardiaques, sans qu’on retrouve ces cas dans la base de données de pharmacovigilance. Le médicament était de plus prescrit pour autre chose que ce qui avait justifié son autorisation de mise sur le marché (AMM) : il était prescrit comme coupe-faim (on parle alors de prescription « hors AMM »).
Le récent scandale Diane 35 nous rappelle à nos vieux démons puisque que cet anti-acnéique, ayant également des vertus contraceptives toutefois non reconnues comme indication du médicament, avait été prescrit par certains médecins généralistes et gynécologues comme une pilule classique. Pourtant ce médicament comportait plus de risques d’AVC et d’embolies pulmonaires que les pilules oestro-progestatives, sans que son efficacité contraceptive ne soit prouvée. Depuis 1987, date de l’autorisation de mise sur le marché, Diane 35 a entrainé plusieurs centaines d’accidents (dont 4 décès).

Malgré la nouvelle loi sur le médicament de décembre 2011 [1] , ce type de dysfonctionnement du système de pharmacovigilance risque de se réitérer. La plupart des professionnels de santé n’ont pas le réflexe de déclarer un effet indésirable et déplorent la complexité du processus. La nouvelle loi ne prévoit pourtant rien pour leur faciliter la tâche. Les failles du dispositif de notification des effets indésirables peuvent être comblées par les patients, plus enclins à partager leur expérience d’un effet indésirable lié à un médicament. C’est pourquoi il nous semble important que les patients sachent qu’ils peuvent signaler eux-mêmes les effets indésirables directement aux CRPV dont ils dépendent par le biais du formulaire dont nous vous adressons un exemplaire ci-après.

Quant à l’ANSM, elle n’a pas de visibilité suffisante sur la réalité des motifs de prescription des médicaments. Depuis quelques années, l’agence peut néanmoins s’appuyer sur les données de l’Enquête Permanente de la Prescription Médicale (base IMS-EPPM) et de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie d’une part, mais aussi sur les observatoires d’utilisation en vie réelle demandés aux entreprises pharmaceutiques, notamment pour les médicaments innovants comme les biothérapies que nos lecteurs connaissent bien.
Bref, déclarer un effet indésirable est avant tout une responsabilité citoyenne : c’est en connaissant mieux les réalités des médicaments que tout le monde sera potentiellement mieux protégé !

Signalement Patient d’évènement(s) indésirable(s) lié(s) à un médicament , au format .pdf :

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Formulaire de signalement patient d’effets indésirables susceptibles d’être liés à un médicament, Guide d’utilisation, au format .pdf :

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Vous pouvez aussi aller directement sur le site de l’ANSM pour télécharger le formulaire :
http://ansm.sante.fr/lien super long, cliquez juste dessus !

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